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Discours prononcé par Bertrand
Chazarenc, Président, le 9 décembre 2005
à l'occasion
de la cérémonie du XXème
anniversaire du Choeur de Ville-d'Avray |
Cher Denis, cher Roger,
chère Catherine, choristes d’hier et d’aujourd'hui, chers amis.
Il est toujours difficile et délicat de remonter dans le temps, surtout quand
on ne s’y trouvait pas soi-même.
Pour ce XXeme anniversaire du Choeur, j’ai
fais comme Tintin, reporter au « petit XXeme »,(ce qui ne
s’invente pas), j’ai étudié avec attention le Grand Livre Noir des AG du
Chœur.
Pendant les années 60, Ville d’Avray vivait,
comme la France entière dans les
affres de la Guerre d’Algérie, la morosité ambiante s’étendait sur notre
riante commune .
Certains tentèrent d’y résister et un petit groupe de choristes, entraîné
par Lucien FAVE, dans le cadre de la MJC, et sous la baguette de Paul Marin le
frère de Françoise, animé d’une féroce envie de chanter sans complexe et
ne se prenant pas au serieux, vit le jour : la JOLUVILDA, (les Joyeux
Lurons de Ville d’Avray.) .
Il
faut croire que notre ville était un réservoir de Lurons, joyeux de surcroit,
puisque cette chorale va vivre une vingtaine d’années, chantant un peu
partout accompagnée parfois de musiciens amateurs dirigé par Monsieur
Viederker, et comptant jusqu'à 80 lurons, pardon, choristes, dont certains sont
encore parmi nous ce soir : Irène Davoust, Luc Flament, Adriana Cerani ,
Joyeuse Luronne s’il en est, E.Megevant, Claudine et Danièle Torre
et j’en oublie certainement, qu’ils me pardonnent.
Puis la Joluvilda, malgré quelques tentatives d’intégration par l’ENMD VA
cessa ses activités et Ville d’Avray retomba dans le silence.
Monsieur Petit, directeur du Conservatoire,
souhaitait redonner des couleurs musicales à Ville d’Avray. Voulant créer
une chorale en son sein, il proposa aux rescapés qui tentaient de chanter dans
les chœurs environnant, les services d’un jeune homme talentueux, bouillant
d’impatience et de projets, comme il est dit dans le rapport moral de 1995
dans lequel la secrétaire du moment faisait un rapide rappel de l’historique
du Chœur.
Premier concert en 85, (Oratorio de Noel,de
St Saens et Ode à Ste Cécile de Haendel.). Portés par ce chef, les valeureux
pionniers au nombre de 7 firent tant et plus que le chœur grossit pour arriver
en 87 à 51 adhérents.
Toujours sous la houlette administrative du conservatoire, les choses allaient
tranquillement mais l’impatience de voler de leur propres ailes allait
grandissante et Laurent Gorgatchev, puisqu’il s’agit de lui bien sur,
accompagné comme un seul homme par ses troupes, décidait de prendre son envol.
Mais en se séparant du Conservatoire, le Chœur
se trouvait sans ressource et le mot bénévole prenait brusquement tout son
sens, chacun mettant son temps, son talent et ses compétences au service de
tous et surtout du Chœur.
Curieusement, les premiers écus à tomber dans l’escarcelle du chœur furent
ceux réclamés en dommages et intérêts
pour préjudice moral à un loueur de car indélicat (par Jean Launay ):
1500 F
Puis le Chœur de Ville d’Avray, désormais indépendant du Conservatoire,
continuait à grandir tant en effectif qu’en qualité, grâce
au charisme, à l’exigence de Laurent et au dévouement incessant des
membres du Chœur de la première heure :Janine Meunier, Agnès Tenoux,Catherine
Saglio,Hélène Gorgatchev,Elisabeth Megevant ,Irène Davoust, Laurence
Droz-Bartholet, Nicole et Jean-François Flori, Blandine et Bertrand Mortreux,
Odette Pollet dont la fille Françoise
collabora activement avec le Chœur, Jean Briel et sa voix de basse magnifique,
Martine Domino et tous ceux qui année après année ont contribué à faire du
Chœur ce qu’il est devenu et que je ne peux tous citer ici, faute de temps.
Sans le chef, un chœur n’est rien et
Laurent a laissé un tel vide que le Choeur a eu du mal à le combler. François
Marc Roger et sa rigueur, Maxime Kaprielian et sa fougeuse jeunesse,et enfin
Bernard Polisset et son exigence permanente rehaussée d’un humour imagé, ont
chacun à leur manière permis au Chœur de maintenir son activité,de
progresser sans cesse, aidé les choristes à se restructurer et à pouvoir
envisager l’avenir avec sérénité. Qu’ils en soient ici remerciés.
Nos remerciements particulièrement chaleureux et amicaux vont aussi à notre
talentueux et patient accompagnateur, : Thierry Gasset.Sa fidelité à
Laurent,au Chœur,sa présence discrète mais toujours efficace,ont participé
à maintenir le Chœur dans le rails.Souvent contraint au silence pour nous
laisser seuls trouver notre note,nous le sentons au bord de la frustration.
J’espère qu'il a enfin pu s’exprimer
totalement ce soir. Merci Thierry..
Le Chœur ne pouvant pas toujours se produire seul, il faut un orchestre pour
nous accompagner et le Sinfonietta de Paris dirigé par Dominique Fanal nous
suit régulièrement en essayant de trouver les formules les moins onéreuses
pour les bourses de chacun. L’année 2005-2006 en sera un exemple de plus.
Merci Dominique !
Pour sans cesse s’améliorer il faut posséder la technique, vocale, pour ce
qui nous concerne, et Thierry Tastet dont la méthode en déconcertait plus
d’un, (qui ne se souvient de l’image du professeur Nimbus tirant son seul
cheveu au-dessus de sa tête), nous
fût d’une grande utilité. Nous n’oublierons pas non plus « les Noces
de Jeannette » où Laurent et quelques uns parmi-nous ont pu exprimer
leurs talents de comédiens chanteurs . Merci Thierry..
Ah ! j’allais oublier Jean-Pierre Benoit, tenor sonore, indispensable
monteur et démonteur d’estrade,
dont seuls ceux qui n’ont jamais participé à cette opération ne peuvent
imaginer l’abnégation, la patience et l’esprit d’organisation qu’il
faut pour la mener à bien.
Il faut un chef au chœur mais aussi un président (celui qui va en prison en
cas de problème, dit-on).
Depuis la création du chœur, 5 présidents se
sont succédés à la tête du Chœur :
Jean-Louis Petit, Janine Meunier, Elisabeth Megevant, Emilie Levesque,
Jean-François Flori et moi-même aujourd’hui.
Jean-François qui n’est pas parmi nous ce
soir, retenu pour des raisons indépendantes de sa volonté et qui espérait
vraiment être des nôtres, mais le cœur a ses raisons…Nous pensons beaucoup
à lui et au travail formidable accompli pendant ses 2 mandats. Merci Jean-François.
Autour des Présidents, tous les membres des conseils d’administration
succesifs ont soufflé sur les braises tant musicales qu’administratives pour
que le feu qui nous anime ne s’éteigne jamais.
Mais, encore une fois, que serait un chœur sans le nerf de la guerre :
l’argent.
Concerts à payer, déplacements, musiciens,
organisateurs, sorties culturelles, transports, partitions, frais de
fonctionnement, publicité, tout cela coûte et tel Mozart se mettant sous la
protection des grands de son temps, le chœur se doit d’aller chercher
l’argent là où il se trouve et en tout premier lieu auprès de la Mairie.
Les édiles successifs ont toujours soutenu l’action musicale du chœur. Que
ce soit Monsieur Bazeynerie, Madame Sireyjol, et Denis Badré, nous avons la
chance d’avoir à Ville d’Avray des élus sensibles à tout ce qui touche à l’art et à la musique
en particulier, ceci expliquant sans doute cela. Un grand merci à vous pour le
passé, le présent et le futur.
Mais le chœur est gourmand et en veut toujours
davantage . Alors, nous cherchons encore et toujours
des sponsors. Les
Banques , parfois, mais aussi les amis, les choristes.
Un grand merci
spécial à Hélène Gorgatchev qui soutient le Chœur depuis ses débuts
et que l’on arrive pas à calmer, mais qui s’en plaindrait ?
Le chœur a aussi prouvé, (mais qui en doutait ?), qu’il pouvait aussi
se produire gratuitement, pour de grandes causes. : à
l’occasion du concert organisé à l’initiative conjointe d’Hélène
Beguermont, présidente du Chœur Grégorien, d’Asta Lemiesle, chef de choeur,
et du CVA. Les sinistrés du Tsunami en Indonésie ont pu construire ou reéquiper
plusieurs bateaux de pèche en filets, bouées,et caisses frigorifiques, avec la
quête de l’entracte et le don de la Mairie.
En 1995,le Choeur a également donné un
concert à Stella Matutina de St Cloud, au profit de l’association Foi et Lumière.
Des chefs de talent, des administratifs se dévouant sans compter, des
choristes, attentifs pour certains, moins pour d’autres mais qui se laissent
gagner par la musique d’année en année, un peu d’argent, une énorme
volonté de bien faire, et il n’en faut pas plus pour donner des concerts
prestigieux dans des lieux qui ne le sont pas moins : Pleyel, Gaveau, La
Madeleine, St Germain des Prés, Vézelay,Tournus,
StMartin de Bocherville,la Baule, la Chapelle Royale de Versailles et celle des
Invalides, mais surtout l’Eglise de Ville d’Avray qui nous permet de nous
retrouver « en famille », chez nous comme on dit, pour interpréter
les auteurs du répertoire : Mozart, Bach, Beethoven, Shubert, Cimarosa,
Haydn, Brahms,Weber, Duruflé, Vivaldi, Prokofiev, Carl Orff, Fauré, St Saëns,
Haendel, et plus proches de nous, Darius Milhaud, Laurent Petit Girard,
Jean-Louis Petit, Jean Langlais, Silvestrini et ce soir, Rossini et Ottorino
Respighi.
Maintenant l’avenir est devant nous. ….
La communauté de communes va nous ouvrir des horizons
nouveaux pleins de
promesses.
L’année Mozart qui arrive nous donnera à
nouveau l’occasion de lui rendre hommage avec la Messe du Couronnement et les
Vêpres pour un Confesseur.
Je ne sais pas si Tintin a bien fait son travail mais il me reste un détail
piquant à vous faire connaître.
La boîte à lettre du Choeur se trouve à la Maison des Associations et une
main anonyme a écrit sur l’étiquette à l’attention du postier : Cœur
de Ville d’Avray. (CŒUR).
N’est ce pas la plus belle illustration de
ce qui nous anime tous, qui que nous soyons, au Chœur : l‘amour de la
Musique ? Je suis certain que ce XXeme anniversaire restera longtemps dans
nos mémoires, car quand on aime, on a toujours
XX ans.
Bertrand
Chazarenc